Sophrologie et neurosciences – Source : article pour Sofrocay du Docteur Rafael SOLANS I BUXEDA, Médecin spécialiste en stomatologie

Un des principes fondateurs de la sophrologie est que la répétition d’une pensée positive produit des changements au niveau des neurones.

Selon un article publié dans le Journal of Neuroscience par Marie Buda et ses collaborateurs, la capacité cérébrale- et plus spécifiquement la capacité de mémoire – à savoir réparer et distinguer la réalité de la fiction, pourrait se situer dans un petit repli – le sillon paracingulaire – dans la partie frontale du cerveau. Tout le monde ne le possède pas, certains ne le possède que dans un hémisphère du cerveau, d’autres sujets dans les deux : ce qui explique les différentes réactions des humains pour distinguer la réalité de la fiction. Aussi, ceux qui ne le possède pas ont de grosses difficultés à mobiliser leur mémoire et sont incapables de savoir si un événement était réel ou imaginaire.

En tout état de cause, les événements ayant une signification spéciale pour l’organisme restent enregistrés dans des réseaux de neurones qui sont prêts à reproduire leur séquence dès le plus petit stimulus approprié. Notre cerveau, en constante évolution, change tout en assimilant de nouvelles expériences qui sont renforcées par la répétition. Cette répétition d’un comportement renforce le système nerveux établi.

Dans notre quotidien, la routine à laquelle nous sommes soumis dicte la plus grande partie de nos réponses en renforçant les circuits neuronaux pré-établis, impliquant un ensemble programmé de réponses et de comportements inconscients. Quand le cerveau n’est pas suffisamment stimulé par de nouvelles expériences, il devient dépendant des patrons de comportements commodes, répétitifs et routiniers qui nous empêchent souvent de grandir et de nous corriger. Dans ce schéma, nous laissons nos souvenirs et nos pensées, souvent obsolètes et déformés, nos croyances erronées se renforcer et accroître notre mal être.

La perception de notre réalité extérieure suppose la mise en marche de circuits neuronaux e nlien avec ce que nos sens perçoivent. J.C DAVILA, professeur titulaire du Département de Biologie cellulaire et génétique de l’université de Malaga l’explique très clairement : « toute information sensorielle qui nous pénètre par la voie des 5 sens, voyage à travers le système nerveux sous forme de signaux électriques. Dans les couches sensorielles, ce ne sont donc pas les images ou les sons qui sont perçus mais des impulsions nerveuses avec des patrons espaces-temps déterminés qui provoquent l’inhibition ou la stimulation de certains neurones du cortex. Cela n’a rien à voir avec ce que nous savons du monde qui nous entoure mais c’est plutôt une sorte de modèle intérieur de la réalité extérieure ».

Mais tout n’est pas figé du fait de la neuroplasticité du cerveau. La neuroplasticité est la « capacité de régénération anatomique et fonctionnelle de cellules nerveuses soumises à des influences liées à l’environnement, à la croissance ou à la pathologie, notamment de nature traumatique » (OMS). Nous pouvons dire que le neuroplasticité est la capacité du cerveau à remodeler les connexions entre les cellules nerveuses et à s’adapter aux nouvelles situations. Le cerveau est bel et bien construit pour évoluer.

Alvaro Pascual LEONEn, neurologue et physiologiste, directeur du centre de recherche à l’école de médecine de Harvard énonce qu’ « imaginer induit des changements cérébraux, qui sur certains aspects sont semblables aux changements physiques induits par notre imagination ». C’est pourquoi la technique de visualisation utilisée notamment par les sportifs est si efficace. Aussi l’esprit est capable de changer l’anatomie et le fonctionnement du cerveau. Ce que nous pensons de manière récurrente détermine ce que nous sommes et notre devenir.

En cela, la sophrologie dispose de techniques d’imagination positives adéquates pour renforcer les processus qui favorisent le développement de nouveaux circuits neuronaux dans le cerveau.

Les exercices de visualisation d’émotions positives sont aptes à activer le cortex pré-frontal du cerveau gauche pour contribuer à la résilience et à la gestion du stress de manière appropriée.

Liens sur le sujet :

https://www.sophrologie-actualite.fr/visualisation-positive-sophrologie/

https://www.sophrologie-actualite.fr/neurosciences-sophrologie-bonne-sante-mentale/

L’intérêt de la sophrologie dans la dépression – Source : trimestriel « Améliorez votre quotidien/ Sophrologie » n°26

Le risque de subir une dépression majeure une fois dans sa vie est actuellement de plus de 15%. Et le risque de rechute est de 35% puis 65% au deuxième épisode. Les antidépresseurs permettent de se sortir en quelques semaines de la phase dépressive dans 80% des cas environ. Mais une fois arrêtés, ils n’ont aucune efficacité sur le risque de rechute.

Pour limiter ce risque de rechute, il est préconisé une activité physique régulière, une alimentation diversifiée et riche en Oméga 3, une psychothérapie et la pratique de la méditation pleine conscience et/ou de la sophrologie. A noter que ces méthodes sont peu efficaces pendant la phase de franche dépression et ne le deviennent que lorsque l’humeur commence à s’améliorer.

La sophrologie présente de nombreuses pratiques qui la rendent potentiellement efficace dans la phase de sortie de dépression et de prévention des rechutes, si possible en association avec une psychothérapie :

  • elle développe notre sensibilité à la sensorialité, ce qui réduit le temps passé à la rumination,
  • elle nous entraîne à délocaliser notre attention sur ce qui ne va pas. Quand l’esprit est tourné vers le négatif, elle lui apprend à se focaliser sur le positif,
  • elle nous permet de revenir à l’instant présent, en soustrayant notre esprit des regrets du passé et des appréhensions du futur.
  • elle nous invite à développer un état d’esprit bienveillant vers notre schéma corporel, dans lequel l’humeur douloureuse a pu laisser des mémoires,
  • elle facilite le retour d’un sommeil réparateur,
  • elle permet de nous projeter de façon positive vers l’avenir, ce qui favorise le retour de la confiance en soi,
  • elle aide à redécouvrir ses valeurs propres en nous invitant à l’action.

Assez souvent, quand on a subi une dépression majeure, on a peur que cela ne recommence à nouveau. Cette crainte est salutaire si elle motive une modification profonde de notre hygiène de vie, souvent une remise en question de nos anciennes valeurs et nous apprend à nous ressourcer au travers de petits bonheurs de la vie.